Retrait-gonflement des argiles
Étude de sol loi ELAN : obligations et responsabilité du géotechnicien
Depuis 2020, vendre un terrain à bâtir ou faire construire une maison dans une zone d’argile exposée impose une étude géotechnique. Pour les bureaux d’études de sol, c’est un volume d’études considérable — et un risque de sinistres sur un phénomène connu pour ses fissures. Voici le cadre exact, et comment s’assurer.
Vos études loi ELAN doivent figurer à votre contrat — devis gratuit

- à la vente du terrain
- G1
- avant le contrat de construction
- G2
- validité de l’étude préalable
- 30 ans
D’où vient l’obligation d’étude de sol ?
L’article 68 de la loi ELAN du 23 novembre 2018 a créé une obligation d’étude géotechnique dans les zones exposées au retrait-gonflement des argiles. Ces dispositions figurent aujourd’hui aux articles L132-4 à L132-9 du Code de la construction et de l’habitation (anciens articles L112-20 et suivants, renumérotés lors de la recodification du code en 2021).
Le texte est complété par les articles R132-3 à R132-8 du même code et par l’arrêté du 22 juillet 2020 qui définit le contenu des études. L’obligation s’applique aux contrats conclus depuis le 1er octobre 2020.
L’objectif est clair : le retrait-gonflement des argiles est l’un des premiers postes d’indemnisation du régime des catastrophes naturelles, et il touche surtout des maisons individuelles fondées trop superficiellement. En imposant une étude de sol en amont, le législateur a voulu que les fondations soient adaptées dès la conception.
Article L132-4 du CCH
La section s’applique « dans les zones exposées au phénomène de mouvement de terrain différentiel consécutif à la sécheresse et à la réhydratation des sols », identifiées par arrêté ministériel.
Quelles zones sont concernées ?
- Quatre niveaux
- L’article R132-3 prévoit une cartographie en exposition forte, moyenne, faible et résiduelle.
- Zones soumises
- Seules les zones d’exposition moyenne et forte sont concernées par l’obligation.
- Où consulter
- La carte d’exposition est publiée sur Géorisques, consultable à l’adresse du terrain.
- Actualisation 2026
- La carte a été actualisée début 2026 : environ 12,1 millions de maisons individuelles sont désormais en zone moyenne ou forte, soit 61,5 % du parc.
Pour un bureau d’études géotechnique, cette actualisation élargit encore le marché des études loi ELAN — et la part de son chiffre d’affaires exposée au risque de retrait-gonflement. C’est une donnée que votre assureur voudra connaître.

Vos études de sol loi ELAN sont-elles couvertes ?
Étude préalable à la vente, étude de conception : un courtier spécialisé des BET vérifie que chaque mission figure bien au contrat.
- Missions déclarées une par une
- Réponse sous 24 h
À la vente d’un terrain : l’étude préalable (G1)
Le vendeur d’un terrain non bâti constructible situé en zone d’exposition moyenne ou forte doit fournir une étude géotechnique préalable (art. L132-5 CCH). Elle est annexée à la promesse de vente ou, à défaut, à l’acte authentique, et elle reste attachée au terrain lors des mutations successives.
L’arrêté du 22 juillet 2020 précise qu’il s’agit d’une étude de type G1, phases Étude de site et Principes généraux de construction, au sens de la norme NF P 94-500. Elle fournit un modèle géologique préliminaire, les principales caractéristiques du site et les principes de construction permettant de prévenir le risque de mouvement de terrain différentiel. Sa validité est de trente ans si aucun remaniement du sol n’a été effectué (art. R132-6).
Votre G1 peut être réutilisée par des acquéreurs successifs, pour des projets que vous ne connaissez pas. Rédigez clairement ses limites : ce n’est pas une étude de conception, et elle ne dispense pas d’une G2 adaptée au bâtiment réellement construit.
Avant de construire : l’étude de conception (G2)
Avant la conclusion d’un contrat de construction ou de maîtrise d’œuvre portant sur un immeuble à usage d’habitation (ou mixte habitation et professionnel) ne comportant pas plus de deux logements, le maître d’ouvrage transmet l’étude préalable aux constructeurs. À défaut, il doit fournir lui-même une étude équivalente ou une étude tenant compte de l’implantation et des caractéristiques du bâtiment (art. L132-6).
Le constructeur doit alors soit suivre les recommandations d’une étude géotechnique de conception, soit respecter les techniques particulières de construction fixées par voie réglementaire (art. L132-7). L’arrêté du 22 juillet 2020 définit cette étude de conception comme une G2, phases avant-projet et projet.
| Étape | Qui commande | Étude | Texte |
|---|---|---|---|
| Vente d’un terrain non bâti constructible | Le vendeur | G1 ES + PGC | Art. L132-5 CCH |
| Contrat de construction ou de maîtrise d’œuvre | Le maître d’ouvrage | Transmission de la G1 ou étude équivalente | Art. L132-6 CCH |
| Conception des fondations | Le maître d’ouvrage ou le constructeur | G2 AVP + PRO, ou techniques réglementaires | Art. L132-7 CCH |
Synthèse indicative ; se reporter aux articles L132-4 à L132-9 et R132-3 à R132-8 du CCH.
Ce que doivent prévenir vos recommandations
- Limiter les déformations
- Fondations suffisamment profondes et homogènes, structure capable de supporter des mouvements différentiels.
- Maîtriser l’eau autour du bâtiment
- Gestion des eaux pluviales, trottoirs périphériques, éloignement des arbres et de leurs racines.
- Limiter les échanges thermiques
- Éviter qu’une source de chaleur en sous-sol n’assèche le terrain sous les fondations.
Ces trois axes sont ceux de l’article R132-8. Un rapport qui les traite précisément, avec des valeurs chiffrées adaptées au site, est le meilleur argument du géotechnicien en cas d’expertise. À l’inverse, un rapport-type recopié d’un terrain à l’autre est une source de sinistres et un point faible face à l’assureur.
Ce que la loi ELAN change pour l’assurance du géotechnicien
Un constructeur de maisons individuelles fonde une maison directement sur les principes généraux d’une G1 fournie par le vendeur, sans commander de G2. Quatre ans plus tard, la maison fissure après une sécheresse. Le géotechnicien auteur de la G1 est appelé à l’expertise : la précision de ses réserves et le rappel écrit de la nécessité d’une G2 pèseront lourd dans le partage des responsabilités.
- Volume
- Les études loi ELAN multiplient les missions à faible prix unitaire : l’assureur regarde leur nombre et la zone.
- Déclaration
- G1 pour vendeurs, G2 AVP et PRO pour constructeurs : chaque mission doit figurer au contrat.
- Décennale
- La G2 qui fonde la maison engage votre décennale pendant dix ans après la réception.
- RC Pro
- La G1 et les erreurs découvertes avant réception relèvent d’abord de la RC Pro.
Questions fréquentes sur l’étude de sol loi ELAN
Qui doit payer l’étude de sol à la vente d’un terrain ?
Quelle est la durée de validité de l’étude préalable ?
Quels bâtiments sont concernés ?
Les articles L112-20 et suivants sont-ils toujours en vigueur ?
Mon assurance couvre-t-elle automatiquement les études loi ELAN ?
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